La réunion s’annonçait houleuse et elle l’a été. Ce samedi après-midi, les membres du Tavini se sont réunis à Faa’a pour tirer les enseignements des élections municipales dont le parti est sorti perdant.
Lors de sa prise de parole, Moetai Brotherson a estimé qu’une « cassure » existait bel et bien entre les modérés du parti indépendantiste et les radicaux.
Il a notamment évoqué son refus catégorique de l’exploitation des fonds marins et son souhait qu’un référendum soit organisé pour que les Polynésiens décident de leur avenir.
« Je n’ai pas de solution miracle (…) C’est ma conviction profonde (…) Je ne vais pas changer d’avis sur plein d’autres sujets sur lesquels on est en désaccord », a-t-il dit.
« Maintenant, il faut clarifier les choses. Il ne faut pas penser que l’on va pouvoir mettre tous ces désaccords sous le tapis et reprendre comme si de rien n’était. Ce n’est pas possible », a-t-il ajouté.
Le président du Pays a ensuite annoncé que dès le 9 avril, « il y aura 2 groupes indépendantistes à l’Assemblée ».
«Ça a commencé à se constituer. Vous pouvez les traiter de traitres. C’est votre jugement. Vous devrez l’assumer » (…) Ils ne se sont pas imposés. C’est le parti qui les a choisis», a-t-il asséné, obtenant quelques applaudissements de l’auditoire en retour.

Enfin, Moteai Brotherson a considéré que si le Tavini ne soutenait plus l’actuel gouvernement, il était prêt à démissionner : « Cela ne me vexe pas. Je n’ai pas d’égo mal placé (…) Je donnerai ma démission et vous aurez toutes latitudes de nommer Tauhiti -Nena, Ndlr- ou je ne sais pas qui pour former un nouveau gouvernement ».
Présent à cette réunion, l’ancien ministre, aujourd’hui devenu simple militant Tavini, Gilles Tefaatau, a reconnu que les Municipales ont été « un échec » et il a déploré la tournure prise par les événements.
« Oscar dit : ‘l’Indépendance, c’est urgent’ et le président du Pays nous dit : ‘Non, ce n’est pas urgent’ (…) Oscar dit : ‘Il faut aller chercher ces ressources marines pour des ressources économiques pour notre pays’. Le président du Pays dit : ‘Non’. Comment voulez-vous que l’électorat comprenne avec 2 chefs qui ont 2 objectifs différents ? Il ne faut pas s’étonner », a-t-il soufflé.
Il a estimé « malheureuse » l’annonce de la création d’un second groupe indépendantiste à Tarahoi. « Selon ce qu’il -Moetai Brotherson, Ndlr- nous dit, c’est non négociable (…) Moetai nous annonce qu’il ne suit pas les directives du parti et par conséquent (…), il doit démissionner d’office (…) Sinon, dans 2 ans, ce sera la disparition du Tavini Huiraatira (…) Nous sommes en train de scier la branche sur laquelle on est assise », a-t-il martelé.
La réunion se poursuivait en fin d’après-midi dans un climat toujours tendu. Les journalistes présents sur place ont été invités à quitter les lieux.



