« Au regard de la gravité du drame, la province Sud et la Ville de Nouméa ont décidé, en coordination, de prendre leurs responsabilités et de relancer une campagne ciblée de prélèvement de requins tigres et bouledogues dès cette semaine« , ont déclaré les deux collectivités dans un communiqué conjoint.
L’opération sera conduite dès mardi avec le concours de la Sécurité civile, précise le communiqué, qui estime que « la protection des vies humaines impose d’agir » et souligne qu’il s’agit de la seconde attaque mortelle en Nouvelle-Calédonie depuis le début de l’année.
En dehors des zones équipées de barrières d’exclusion, la baignade et les activités nautiques restent interdites dans la bande littorale des 300 mètres de Nouméa jusqu’au 4 mars inclus.
Le corps d’un kitesurfer de 55 ans pratiquant le wing foil, victime d’une attaque de requin, a été découvert dimanche dans la baie de l’Anse-Vata, dans le sud de Nouméa.
D’importantes lésions à la jambe droite et des blessures au tibia gauche et à l’avant-bras droit ont été relevées sur le corps, de même que des traces de morsures sur l’arrière de la planche, selon le procureur de Nouméa Yves Dupas.
La décision des deux collectivités ravive un vieux contentieux. En janvier 2024, la cour administrative d’appel de Paris avait annulé une décision de la province Sud retirant les requins tigres et bouledogues de la liste des espèces protégées, estimant que les autorités n’avaient « fait procéder à aucun recensement ni étude scientifique des populations » de ces espèces.
« Les collectivités ont été contraintes de s’y conformer« , dit le communiqué, qui relève toutefois qu’aucune attaque mortelle n’avait été constaté depuis.
En Nouvelle-Calédonie, la compétence environnementale relève des provinces et chacune des trois collectivités (Nord, Sud, Îles) dispose de son propre code de l’environnement.
Les requins tigres et requins bouledogues sont ainsi protégés en province Nord et en province des Îles, mais ne l’étaient plus en province Sud depuis octobre 2021, à la suite de plusieurs attaques attribuées à ces espèces.
En 2023, quelque 127 requins avaient été tués lors de campagnes d’abattage, avant qu’un tribunal n’y mette fin, jugeant la mesure « disproportionnée ».



