Face à la progression des infections au VIH en Polynésie française, la mobilisation s’intensifie. Pour les acteurs de terrain, l’enjeu est clair : renforcer l’information et toucher un public toujours plus large, en particulier la jeunesse.
« Il y a vingt ans, on faisait six cas en un an. Là, on fait six cas en deux mois, donc effectivement, il faut vraiment qu’on se réveille » s’inquiète Maire Bopp Du Pont, présidente de l’association Agir contre le sida. Elle vit avec ce virus depuis 28 ans et elle donne sans relâche les clés pour que l’information puisse passer.
Ce message, elle est venue le transmettre aux agents de l’UPJ. En contact quotidien avec les jeunes, ils constituent des relais essentiels pour diffuser les messages de prévention et briser les idées reçues.

« Mandela disait que l’arme la plus puissante, c’était l’éducation. On n’a jamais assez d’informations au profit de tous ces acteurs de terrain. Et l’UPJ, de par son ADN, veille également, en tout cas veut pouvoir promouvoir, la santé communautaire des jeunes par les jeunes » indique Tao’ahere Maono, directeur général des services de l’UPJ.
Si les chiffres inquiètent depuis plusieurs années, les campagnes de sensibilisation à grande échelle restent insuffisantes selon les intervenants. « Je pense que le premier pas, c’est d’abord de mitrailler l’information tout public. Les campagnes de promotion, ce sont véritablement des éléments qui manquent dans la stratégie. Bien évidemment, ce sont des choses qui sont à élaborer. On espère, au travers des collaborations que l’UPJ mène avec l’Association Agir contre le SIDA, pouvoir y arriver » ajoute Tao’ahere Maono.

Au-delà de la prévention, les échanges ont aussi mis en lumière la réalité vécue par les personnes séropositives, encore confrontées à la stigmatisation. « Les discriminations qu’il y a autour du fait qu’on en a parlé et qu’elle-même (Maire Bopp du Pont, Ndlr) a été victime de ça, comme quoi elle a eu un certain rejet de la part de ses proches… Ça peut arriver chez beaucoup de gens qui sont atteints. C’est quelque chose qui m’a vraiment marqué, parce qu’on ne voit pas toujours cette face-là quand une personne de ton entourage devient malade » confie Ariimoana, agent de l’UPJ.
En 2026, plus de 200 personnes âgées de 13 à 80 ans vivent avec le VIH en Polynésie française, et six nouveaux cas ont été détectés depuis le début de l’année. Un chiffre qui rappelle l’urgence d’une prévention structurée, durable et adaptée aux réalités du territoire.



