Les mains sur le guidon, les jambes prêtes à avaler 2 km. À 15 ans, Vassily Léontieff travaille son endurance. Malgré son hémiplégie du côté gauche, le jeune adolescent est concentré sur son effort. Il devrait s’aligner au départ des épreuves d’athlétisme et de tri cyclisme.
« Je serai plutôt sur 50 mètres, vu que je suis assez bon (…) C’est important pour moi d’y participer, pour montrer que, comparé à certaines personnes, je peux être plus fort dans certaines choses et montrer qui je suis vraiment », sourit l’adolescent.
En cette semaine de vacances scolaires, l’équipe est quasi au complet. Vassily est originaire de Bora Bora. Il compte poursuivre sa préparation, chez lui, à son retour.

« Là, j’ai fait 2 kilomètres et la reprise est difficile. Je pense que je vais encore m’entraîner pour essayer d’avoir une meilleure endurance, un meilleur cardio et une meilleure mentalité », dit-il.
Endurance pour les épreuves d’athlétisme, précision pour la boccia ou la sarbacane. Plusieurs disciplines sont au programme de ces Jeux Nationaux.
En 2024 à Saint-Brieuc, la délégation tahitienne avait remporté l’or en boccia et 3 médailles d’argent en boccia, tri cyclisme, et tir sportif.
Au-delà des perspectives de podium, l’entraîneur veut accompagner ces jeunes dans leur parcours de vie .
« On est solidaires avec eux. Ils sont aussi, pour la plupart, en milieu scolarisé. Ce n’est pas évident de pouvoir laisser de côté leurs études, leurs familles, et leurs amis, ici à Tahiti, pour partir en France pendant trois semaines », souligne Tutavake Ragivaru.
Onerava Matai a trouvé son sport de prédilection : la boccia. Il s’agit d’une des 2 disciplines paralympiques qui n’a pas d’équivalent chez les valides. Ce sport qui s’apparente à la pétanque. La jeune fille s’applique avec précision pour marquer des points et développer des stratégies de jeu. Elle se dit heureuse de porter les couleurs du fenua.

« Pour moi, partir en France, ça représente une opportunité, une fierté pour moi et ma famille. J’espère que je rentrerai avec une médaille », sourit la jeune fille.
Itai Teriiteporouarai, lui, fait appel à son souffle pour marquer des points. Car il a opté pour la sarbacane, un sport de visée. En suivant les conseils de l’entraîneur, il affûte ses tirs. « J’ai envie d’aller en France et de tenter de gagner la médaille d’or », souligne le jeune garçon.
A chaque entraînement, l’entraide est omniprésente et la confiance en soi grandit. Ces jeunes veulent montrer de quoi ils sont capables mais également revenir fenua en étant fiers d’avoir porté les couleurs polynésiennes.
Le 21 mars, la FRAT organisera sa traditionnelle course, la Run Frat. Les fonds récoltés serviront à financer le séjour pour les Jeux Nationaux de l’Avenir Handisport.



