Un jeune homme inconscient au sol, des insultes, des coups… et des spectateurs filmant la scène : ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont été tournées au petit matin au Platchoir, à Faaone, au lendemain d’une soirée particulièrement fréquentée.
Ces scènes de violences, souvent associées à la consommation d’alcool et de stupéfiants, n’empêchent pas des centaines de jeunes de continuer à se rassembler sur le site. Téléphones levés, musique « carbass » à plein volume et circulation parfois entravée : les rassemblements nocturnes se prolongent régulièrement jusqu’à l’aube, compliquant l’accès des véhicules.
La popularité du lieu dépasse désormais la commune. Certains participants viennent de Papeete ou de Punaauia, parfois en covoiturage. Les événements, organisés de manière informelle via les réseaux sociaux, rendent difficile l’identification d’organisateurs clairement responsables. Selon la mairie de Taiarapu Est, certaines soirées ont déjà réuni jusqu’à 1 500 personnes, un afflux que la commune peine à encadrer seule.
« Quand on parle de vente et de consommation de drogue, d’alcool et de violence, comme on peut le voir dans certaines vidéos, ce sont des problématiques qui dépassent les seules compétences de la commune. On parle de sécurité et de salubrité publiques puisqu’il y a des pollutions qui émanent à l’issue de ces événements-là. Il faudra que les institutions, État et Pays, trouvent des solutions réglementaires pour encadrer ces pratiques », explique Teiva Archer, directeur général des services de la commune de Taiarapu Est.
De son côté, la fédération de car audio regrette d’être associée à ces rassemblements sauvages et appelle à un encadrement plus strict. « Nous on n’approuve pas du tout et on savait que ça allait se terminer comme ça de toute façon un jour. C’est pour ça que nous avons besoin d’encadrer le car audio bon. Et même en encadrant il peut y avoir des petits débordements, toutefois l’encadrer ça évitera ce genre de problème et on veut pouvoir jouer du son sans gêner personne. Et encadrer ces jeunes pour la bonne pratique du car audio et non juste faire de la bagarre ou ce genre de problème que l’on peut avoir », souligne son président, Jérémy Toomaru.
Contactée, la procureure de la République en Polynésie française n’a pas souhaité commenter pour l’instant. En novembre dernier, la commune avait déjà saisi le Haut-commissariat afin de travailler à la mise en place d’un plan d’action.



