Maire, arnaquée de 72 000 francs par téléphone par un faux conseiller bancaire

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Elle témoigne pour que « d’autres personnes ne fassent pas la même bêtise » et, en premier lieu, « les matahiapo ». Maire Tuhiri, 64 ans, a été victime il y a une semaine d’une arnaque par téléphone. Un faux conseiller bancaire l’a contactée en lui demandant ses numéros de carte bancaire, dont son code de sécurité. Ne se doutant pas de l’escroquerie, la sexagénaire a obtempéré. Résultat : son compte a été débité de 72 000 francs. « Ça me sert de leçon », dit-elle.

Vendredi dernier, Maire effectue des courses dans une grande surface de Taravao lorsqu’elle reçoit un coup de fil sur son vini. Un numéro en « 87 », donc censé provenir de Tahiti. Au bout du fil, une voix masculine. Son interlocuteur lui explique qu’il travaille à la Socredo.

« Il me dit : ‘vous avez votre carte avec vous ?’. J’ai dit : ‘oui’. Il m’a répondu : ‘Sur la carte, il y a des numéros. Est-ce que vous pouvez lire ? J’ai dit : ‘ok’, et j’ai lu tous les numéros », raconte-t-elle. Reste qu’il manque à l’arnaqueur le code de sécurité qui figure, en petit chiffre, à l’arrière de la carte, pour pouvoir l’utiliser.

Maire ne parvient pas à le lire. Mais l’homme ne se démonte pas et lui demande si quelqu’un aux alentours peut le faire à sa place. « J’ai vu un jeune. Je lui ai donné ma carte. Il a lu tous les chiffres (…) Il a dit merci à ce jeune. Et moi aussi », ajoute Maire.

En rentrant chez elle, la sexagénaire a quand même des doutes et en parle à ses enfants. « Ma fille m’a dit : ‘Si c’est la Socredo, le numéro doit commencer par un 40. Et là, c’est un 87’ (…)  Je n’avais pas pensé à ça. Les enfants ont essayé d’appeler le numéro, mais ça ne répondait pas », poursuit la mère de famille.

Dès le lendemain, elle s’est donc rendue à la gendarmerie pour déposer plainte. Et deux jours plus tard à la Socredo pour faire opposition à sa carte bancaire.

La conseillère qui l’a reçue lui a expliqué que les établissements bancaires ne demandent jamais d’informations de ce type à leurs clients par téléphone. Ce qu’elle ne « savait pas ».

En consultant son compte en banque, elle a finalement constaté que l’arnaqueur lui avait soutiré quelque 72 000 francs.

Si elle a accepté de témoigner, c’est pour que « d’autres personnes ne fassent pas la même bêtise », en particulier les « matahiapo », cible privilégiée des escrocs 2.0. Pour sa part, on ne l’y reprendra plus : « Ça m’a servi de leçon ».

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