Vendredi dernier, Maire effectue des courses dans une grande surface de Taravao lorsqu’elle reçoit un coup de fil sur son vini. Un numéro en « 87 », donc censé provenir de Tahiti. Au bout du fil, une voix masculine. Son interlocuteur lui explique qu’il travaille à la Socredo.
« Il me dit : ‘vous avez votre carte avec vous ?’. J’ai dit : ‘oui’. Il m’a répondu : ‘Sur la carte, il y a des numéros. Est-ce que vous pouvez lire ? J’ai dit : ‘ok’, et j’ai lu tous les numéros », raconte-t-elle. Reste qu’il manque à l’arnaqueur le code de sécurité qui figure, en petit chiffre, à l’arrière de la carte, pour pouvoir l’utiliser.
Maire ne parvient pas à le lire. Mais l’homme ne se démonte pas et lui demande si quelqu’un aux alentours peut le faire à sa place. « J’ai vu un jeune. Je lui ai donné ma carte. Il a lu tous les chiffres (…) Il a dit merci à ce jeune. Et moi aussi », ajoute Maire.
En rentrant chez elle, la sexagénaire a quand même des doutes et en parle à ses enfants. « Ma fille m’a dit : ‘Si c’est la Socredo, le numéro doit commencer par un 40. Et là, c’est un 87’ (…) Je n’avais pas pensé à ça. Les enfants ont essayé d’appeler le numéro, mais ça ne répondait pas », poursuit la mère de famille.
Dès le lendemain, elle s’est donc rendue à la gendarmerie pour déposer plainte. Et deux jours plus tard à la Socredo pour faire opposition à sa carte bancaire.
La conseillère qui l’a reçue lui a expliqué que les établissements bancaires ne demandent jamais d’informations de ce type à leurs clients par téléphone. Ce qu’elle ne « savait pas ».
En consultant son compte en banque, elle a finalement constaté que l’arnaqueur lui avait soutiré quelque 72 000 francs.
Si elle a accepté de témoigner, c’est pour que « d’autres personnes ne fassent pas la même bêtise », en particulier les « matahiapo », cible privilégiée des escrocs 2.0. Pour sa part, on ne l’y reprendra plus : « Ça m’a servi de leçon ».



