Une SDF qui avait poignardé son compagnon dans la rue à Papeete condamnée à 4 ans ferme

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Une sans-domicile-fixe de 39 ans a été condamnée, ce mardi, à 4 années de prison ferme pour avoir porté 2 coups de couteau à son compagnon. Les faits s’étaient produits en décembre 2024, rue Anne-Marie Javouhey, à Papeete, et avaient été filmés par les caméras de surveillance de la ville. Pour son avocate, c’est en « hôpital psychiatrique » et non en détention que devrait être placée sa cliente. Une femme « complètement perdue » mentalement.

Les images de caméras de surveillance ont été diffusées lors de l’audience du tribunal correctionnel, mardi. Sur celles-ci, on voit le couple installé sur un trottoir de la rue Anne-Marie Javouhey, en cette fin de journée du 26 décembre 2024.  

L’homme se met soudainement à jeter à terre les affaires de sa compagne, puis s’éloigne de celle-ci en tournant les talons. La trentenaire se saisit alors d’un couteau de cuisine et assène 2 violents coups dans le dos et la nuque de son conjoint.

Dans un premier temps, l’homme ne semble pas comprendre ce qui lui arrive. Il marche un long moment puis s’assoie en perdant beaucoup de sang. « Il voulait me cogner. Si je n’avais pas réagi, c’est moi qui aurais pris », a déclaré la trentenaire à son procès. Mais rien dans les images ne montre que son conjoint s’apprêtait à lever la main sur elle.

La victime en a heureusement réchappé, malgré une plaie de 4 centimètres dans le cou et une autre de 2,5 centimètres dans le dos.

Le couple s’était rencontré à la cathédrale de Papeete. Interrogé, le père Christophe avait témoigné que l’homme n’était pas connu comme « violent », mais que la jeune femme présentait, elle, « manifestement des troubles psychiatriques ».

A la barre, celle-ci a effectivement livré un récit décousu. Elle a notamment été incapable de donner le nombre de ses enfants, ou de ses frères et sœurs.

Elle aurait perdu pied après sa rupture avec son précédent compagnon. Depuis, « elle est très perturbée. Psychologiquement, ça ne va pas », a constaté l’une de ses sœurs.

« C’est quelqu’un qui, mentalement, est complètement perdu (…) Sa place est dans un hôpital psychiatrique », a plaidé l’avocate de la trentenaire.

« Dans les rues de Papeete, il y a des SDF partout. Ce sont des personnes qui doivent être prises en charge. On a Père Christophe qui fait un travail considérable, mais le problème demeure avec un manque de places cruel en psychiatrie, ce qui entraine un cocktail criminologique inévitable », a-t-elle ajouté.

L’expertise psychiatrique de la prévenue a révélé qu’elle souffrait d’un « stress post-traumatique » lié à une enfance très difficile. Un trouble qui a altéré son discernement au moment du drame.

Une donnée prise en compte par le tribunal qui l’a condamnée à une peine de 4 années de prison ferme ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire de 5 ans comportant une obligation de soins. Elle a également interdiction de détenir une arme pour une durée de 5 ans.

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