Gestion de Tahiti-Faa’a : du plomb dans l’aile pour le GIP Motu Tahiri

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La concession de l'aéroport de Tahiti-Faa'a fait l'objet de batailles juridiques depuis de nombreuses années. En 2024, conséquence de ces bagarres, un appel d'offres est relancé par l'Etat. Quatre communes ont l'idée de se réunir, à l'initiative de Faa'a, pour candidater. La constitution du groupement est finalement refusée par l'Etat. Ce matin, le dossier était examiné par le tribunal administratif.

Gérer un aéroport international ne relève pas des compétences des communes. C’est, en substance, l’analyse du rapporteur public du tribunal administratif ce mardi matin.

La juridiction s’est penchée sur le projet de groupement d’intérêt public (GIP) Motu Tahiri, dont la création avait été refusée le 18 mars 2025 par le haut-commissaire de la République au motif, justement, que les communes n’ont pas compétence à gérer une infrastructure de cette nature. Une décision dont Vetea Sanford demande l’annulation.

Le représentant de l’Etat avait aussi fondé son refus sur le fait que les trois entreprises privées qui souhaitaient adhérer au GIP à créer étaient spécialisées dans le terrassement, les toitures métalliques et la gestion des déchets. Des activités ne correspondant pas à l’objet du marché, et sociétés ne disposant pas des garanties requises ».

Ce projet, qui réunissait quatre communes de Tahiti (Faa’a, à l’initiative, avec Paea, Teva i Uta et Hitia’a o te Ra), avait en effet pour vocation de candidater à la gestion de l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Pour rappel, fin 2024, ces communes avaient demandé le report de la clôture de l’appel à candidatures de trois mois, afin d’avoir le temps de se constituer en GIP et de se mesurer aux candidatures d’Egis/CCISM et de Vinci Airports.

L’État avait accepté et s’était lancé en même temps dans l’instruction de cette demande de création.

En mars 2025, l’État indiquait que « malgré des échanges avec les porteurs du projet pour leur permettre de retravailler les faiblesses de leur dossier, le dossier de constitution du GIP n’apporte toujours pas les garanties administratives et financières nécessaires pour assurer efficacement la gestion de cette infrastructure stratégique » . Le haut-commissariat soulignait aussi “une organisation et des statuts juridiques non conformes, aucun membre fondateur justifiant d’une expérience de gestion aéroportuaire, aucun partenaire financier capable d’assurer les travaux nécessaires pendant la durée de la concession, ni de gérer la plateforme aéroportuaire” .

Le renouvellement de la concession de l’aéroport de Tahiti-Faa’a interviendra au plus tard le 1er janvier 2027, pour une durée de 40 ans. Actuellement, c’est Aéroport de Tahiti, filiale d’EGIS, qui en assure la gestion.

Le rapporteur public a proposé le rejet de la demande de Vetea Sanford. La décision du tribunal administratif sera rendue le 3 mars.

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