A Tahiti on n’a pas de gisement de gaz, mais on a des idées pour le recyclage des bouteilles. Barbecue, percussions ou étagères, des créations uniques et originales ont vu le jour dans l’atelier carrosserie du Lycée professionnel de Faa’a. L’établissement a répondu à un appel à concours de l’entreprise Gaz de Tahiti.
« C’est un concours qui a été ouvert aux établissements scolaires qui ont une spécialisation en métallerie-chaudronnerie, parce qu’il faut quand même couper l’acier dans un cadre de sécurité. Il y a 8 candidats qui se sont présentés, 2 lycées, 5 CJIA et le RSMA », explique Haidi Said, responsable marketing et communication au sein de l’entreprise.
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Le défi devait répondre à un cahier des charges précis. « On ne voulait pas que ce soit une création artistique, quelque chose qui va rester, qui ne va pas bouger pendant des années. Il fallait que ce soit quelque chose qui soit réutilisable. Aujourd’hui, on parle beaucoup de barbecues avec l’utilisation des bouteilles d’acier, mais on ne va pas se limiter au barbecue. Il y avait plein d’idées possibles à exploiter. On a laissé l’établissement scolaire trouver des solutions », ajoute Haidi Said.
10 étudiants en terminale CAP carrosserie du lycée professionnel de Faa’a ont travaillé sur des œuvres uniques. Un résultat qui dépasse toutes leurs attentes.
« Au début, honnêtement, quand j’ai vu la bouteille de gaz, je me suis dit qu’ils n’allaient pas avoir beaucoup d’idées parce que c’est compliqué, une bouteille de gaz transformée avec un objet utile », sourit Yahya Belhoua, professeur de carrosserie automobile au Lycée professionnel de Faa’a.

« Mais au contraire, ils ont eu plein d’idées débordantes. Je suis fier d’eux. Honnêtement, ils ont bien bossé, ils ont adhéré au projet. Ce qui m’a plu, c’est que chaque groupe a essayé d’aider l’autre groupe pour avancer ensemble », ajoute celui-ci.
Pour Tera, qui se dirige vers le métier de carrossier, ce concours ouvre le champ des possibles. « Ça donne carrément des idées (…) Il m’arrive parfois de trouver des objets, par exemple à la poubelle, et de refabriquer, revendre. C’est quelque chose qui nous permettra de faire ça plus tard », dit le jeune homme.
Au-delà de l’aspect pratique, ce concours répond également à une problématique de l’entreprise. Chaque année, Gaz de Tahiti retire de ses stocks plus de 500 bouteilles en fin de vie. Elles qui doivent être ensuite acheminées vers la nouvelle Zélande pour être recyclées. Une contrainte qui a coût financier et un impact environnemental.
« Pour une bouteille renvoyée, on est à peu près à 13-14 kilos de CO2. Faites le calcul. Si on a entre 500 et 1 000 bouteilles par an, on peut monter dans les tonnes. Et 4-5 tonnes de CO2, c’est à peu près l’équivalent d’un voyage Paris/Papeete aller-retour », explique Pascal Ravel, expert en décarbonation.
Les lauréats du concours seront connus mi-mars. Une exposition devrait suivre pour que le public puisse aussi admirer ce travail d’orfèvre.



