Accusé de viols par sa fille, sa petite fille et sa belle-fille, un septuagénaire crie au complot

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Condamné en avril 2025 à 18 ans de réclusion criminelle, un septuagénaire comparaît de nouveau en appel, pour trois jours, devant la cour d’assises. Il est accusé de viols et d'atteintes sexuelles par trois femmes (sa fille, sa petite-fille et sa belle-fille fa’amu), toutes mineures au moment des premiers faits reprochés.


En avril 2025, Yves* a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises pour viols sur mineures de quinze ans, viols incestueux par personne ayant autorité et agressions sexuelles aggravées. Placé en détention le 21 juillet 2022, l’homme aujourd’hui âgé de 70 ans est de nouveau jugé, en appel. Son procès s’est ouvert ce mercredi, pour trois jours.

Le septuagénaire, qui n’a cessé de contester les faits depuis sa condamnation, fait face à de graves accusations : celles de sa petite-fille Betty*, de sa fille Amélie* et de sa belle-fille fa’amu Mateata*. L’affaire débute le 6 mars 2022, lorsque cette dernière se présente à la gendarmerie pour dénoncer des faits remontant à 2005. Elle accuse Yves de l’avoir agressée sexuellement à plusieurs reprises quand elle avait 7 ans, alors qu’elle se rendait régulièrement chez lui à Papeari, les week-ends et pendant les vacances scolaires.

À la barre, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 27 ans, peine à trouver ses mots. Elle raconte les attouchements, les caresses forcées, et des pénétrations digitales répétées. Elle affirme que c’est arrivé dans la maison, sur le bateau, et dans la piscine de son beau-père. « Il me disait « ne fais pas de bruit, ça ne va pas faire mal », confie-t-elle. Je lui disais que ça faisait mal. » Elle ajoute que les membres de la famille étaient souvent à proximité, et qu’elle avait tenté d’en parler à sa grande sœur fa’amu Vai*, qui ne l’avait pas crue.

Betty, petite-fille de Yves, a 23 ans aujourd’hui. Elle dénonce des faits commis entre 2011 et 2017, puis à nouveau début 2022. Elle aussi avait 7 ans lorsque les agressions auraient commencé. « Il me faisait la même chose, tous les week-ends », raconte-t-elle à la barre. Elle aussi décrit des pénétrations digitales, des cunnilingus imposés, des scènes dans la cuisine et lors de sorties en mer. Elle affirme avoir tenté de faire comprendre à sa grand-mère ce qu’elle subissait. Sans réponse de sa part, en 2019, elle finit par se confier à un ami de la famille, qui s’empresse de prévenir la famille.

Sa grand-mère ne la croit pas. Une partie de la famille cesse de lui adresser la parole. « Ça fait mal, parce que c’est ma famille (…) Ils font comme si de rien n’était, comme si c’était moi la méchante, dans l’histoire », dit-elle en larmes. Pour des raisons financières, Betty et ses parents retournent vivre chez Yves, début 2022. « C’est soit on vit là-bas, soit on est à la rue », lui aurait dit son père. C’est à cette période qu’elle évoque une nouvelle atteinte sexuelle, impliquant un godemichet, peu avant son dépôt de plainte.

Amélie, enfin, affirme avoir été agressée dans la nuit du 26 au 27 novembre 2018, après son anniversaire célébré au domicile de son père. Elle décrit un homme se glissant dans son lit, lui retirant sa culotte et introduisant ses doigts dans son vagin alors qu’elle était « dans les vapes ».

L’accusé muré dans le déni

Face à ces accusations, Yves conteste fermement. À la barre, il répète que « ces histoires proviennent d’une audition arbitraire » et qu’il est victime de « dénonciations calomnieuses ». Il affirme que les jeunes femmes ont été manipulées, voire droguées et plongées dans un état de « sommeil artificiel » par leurs parents. « Elles ont été influencées, ce sont des affabulations », martèle-t-il. Il va plus loin : « C’est un complot (…). On essaie de me pousser à tomber », lance-t-il à l’adresse de l’avocat général.

S’agissant d’Amélie, il parle d’une méprise : il aurait cru rejoindre une autre femme dans l’obscurité. Concernant Mateata et Betty, il nie les pénétrations digitales et toute contrainte, affirmant qu’elles l’auraient sollicité pour des caresses, des massages au monoï, ou des jeux dans la piscine.

Pas de doute, selon lui : son fils et Vai exercent sur lui une forme de vengeance sociale, après avoir été contraints de quitter leur domicile. Un sentiment de persécution qu’ont d’ailleurs relevé les experts en première instance. Le psychiatre avait relevé chez Yves un « trouble pédophilique ». Le psychologue, lui, avait noté qu’il ne manifestait « aucune forme d’empathie », présentait les victimes comme des femmes de « petite vertu » et entretenait une représentation de la femme « assimilable à l’image de la putain ».

Ce jeudi, la cour entendra d’autres témoins, les experts ayant suivi le dossier, ainsi que les plaidoiries des avocats des parties civiles. L’accusé encourt 20 de réclusion criminelle.

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