Un couple condamné pour d’horribles maltraitances sur son bébé de 4 mois

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Côtes cassées, fractures des jambes, du crâne… la liste des blessures infligées à ce nourrisson donne la nausée. Ses parents ont été condamnés, ce mardi, à 1 et 4 ans de prison ferme pour ces graves maltraitances, mais aussi pour privation de soins. L’avocat de la petite victime s’est ému d’un « dossier qui nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine, au cœur du mal » : « On parle d’un bébé de 4 mois. Un bébé qui s’est fait massacrer. C’est complétement hallucinant ».

Il fallait avoir le cœur bien accroché, ce mardi au tribunal correctionnel, pour supporter l’insupportable. À la barre : un couple, parents de plusieurs enfants dont l’une des petites a vécu un véritable supplice.

En avril 2019, la mère, 36 ans aujourd’hui, avait conduit le bébé de 4 mois au Centre de prévention infantile pour une visite de routine. Sur place, le médecin a été interpellé par le volume anormal de la cuisse du nourrisson.

Des examens plus poussés ont alors été réalisés à l’hôpital. Et ils ont révélé l’indicible. La petite présentait plusieurs fractures aux deux jambes, des deux côtés du crâne, mais aussi 4 côtes cassées et souffrait de multiples lésions. Des blessures récentes et d’autres remontant à plusieurs semaines.  « Je pensais que c’était à cause d’une piqure d’insecte », a expliqué la mère, ce mardi, sur un ton péremptoire. 

Le père, 31 ans, avait déclaré aux enquêteurs que l’enfant avait fait une chute alors qu’il lui faisait prendre sa douche. Des explications incompatibles avec la nature des blessures du bébé d’après les experts qui ont conclu à des « traumatismes répétés ».

Récemment condamné à 2 ans de prison ferme pour des violences sur sa compagne, l’homme a reconnu à l’audience qu’il était à l’origine des blessures de sa fille.

« J’aimais beaucoup mon bébé. Je n’étais pas moi-même ce jour-là, comme si j’avais quelqu’un en moi. Un démon. Ce n’était pas moi, pourtant je l’ai fait. J’ai du mal à expliquer », a-t-il dit, sans toutefois détailler les actes infligés à l’enfant, ni sur quelle période.

Poursuivie pour privation de soins, la mère a aussi été longuement interrogée. Une femme grosse consommatrice d’alcool et de paka. Une « folle », pour son voisinage, qui « ne donnait pas à manger à ses enfants », préférant « dormir et regarder la télé ».

« Je n’étais pas prêt pour être père »

Elle a d’ailleurs déjà été condamnée pour des violences sur son aîné, fruit de sa liaison avec un autre homme. Un enfant qu’elle ne désirait pas, mais qu’elle a « gardé » pour « faire chier » le père du garçon.

L’expert psychiatre qui s’est entretenu avec elle a relevé une « dangerosité criminologique » liée à son « incapacité d’introspection » et à son « absence de culpabilité ». Un profil correspondant peu ou prou à celui de son conjoint.

A leur décharge, tous deux ont connu une enfance très difficile faite de coups et d’abandon. « Ils ont d’énormes carences éducatives et un énorme passé derrière eux. C’est un couple très toxique », a souligné l’avocate de la mère, Me Hina Lavoye.

Mais pour l’avocat de la petite, rien ne peut justifier un tel déchaînement de violences. « C’est un dossier qui nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine, au cœur du mal. On a beau savoir que cela existe, c’est effroyable. On parle d’un bébé de 4 mois. Un bébé qui s’est fait massacrer. C’est complétement hallucinant », s’est ému Me Leny Sinquin.

S’adressant aux parents, le pénaliste a déploré qu’ils n’aient pas dit « la vérité », qu’ils aient fait des « aveux du bout des lèvres » à l’audience : « Votre vraie responsabilité, ce sera d’expliquer un jour à votre fille ce qu’il s’est passé. Je vous souhaite bien du courage ».

Âgée de 7 ans aujourd’hui, la petite victime a été placée dans une famille d’accueil et vit aujourd’hui dans l’Hexagone. Mais elle a conservé des contacts avec sa mère biologique.

« La situation n’est pas catastrophique. Elle marche. Le grand bémol, ce sont les lésions au niveau du crâne. Il n’est pas exclu qu’elle ait des séquelles très importantes. Sa croissance n’est pas finie », a ajouté Me Sinquin.

Le père a finalement été condamné à 4 ans de prison ferme et son autorité parentale lui a été retirée. Sa compagne a écopé de 2 années de détention, dont une avec sursis, avec obligation de suivre des soins.

« J’ai commis des erreurs et j’assumerai. Je ne lui souhaite que du bonheur. Elle ne méritait pas ça. Je demande aussi pardon à tous mes enfants. Je n’étais pas prêt pour être père. Je sais que ce que j’ai commis est impardonnable », a conclu le trentenaire avant de retourner en prison.

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