Condamnée pour avoir violenté son compagnon et un ex le soir de son anniversaire

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Ce lundi, le tribunal correctionnel a condamné une femme de 32 ans pour des violences avec armes commises le soir de son anniversaire, sur son conjoint et l'un de ses ex. La soirée de ce foyer marqué par la précarité a basculé lorsqu'elle s'est saisie d'une machette et d'une feuille de boucher, les brandissant devant son compagnon.

Une soirée d’anniversaire qui tourne mal. Ce lundi, le tribunal correctionnel s’est penché sur le dossier d’une femme de tout juste 32 ans, poursuivie pour des faits de violences sur son compagnon et l’un de ses ex-petit amis, au cours d’une altercation au domicile de Papeete.

De retour chez elle à 5h30 du matin, alcoolisée, Moea* trouve porte close. Son compagnon actuel, Angelo*, avec qui elle a trois enfants de 3, 4 et 10 ans, ne lui ouvre pas immédiatement. Ils sont en froid depuis qu’il a découvert, il y a six mois, une relation extra-conjugale.

La situation dégénère : après avoir frappé à la porte, dans la chambre, le couple se « tape dessus » , raconte-t-elle. Dans la confusion, elle se saisit d’un balai. C’est sur Pierre* – un ex de longue date dans le besoin qu’elle héberge depuis quelques temps – , qui tentait de s’interposer, que l’objet finit sa course. Angelo s’en saisit, et la bat avec, tandis qu’elle part chercher deux armes : une petite machette et une feuille de boucher.

Angelo se blesse à la main en tentant de la désarmer. Il s’en tire avec 6 jours d’ITT, présentant également des plaies au front, à la joue, à l’abdomen et aux lèvres.

« La famille reste le lieu de tous les dangers »

Au-delà de la violence physique, les débats mettent en lumière la profonde détresse sociale du foyer. Moea travaille à la roulotte pour subvenir aux besoins de tous, tandis qu’Angelo garde les enfants. Ces derniers ne vont plus à l’école : les parents disent au tribunal qu’ils n’arrivent pas à payer la cantine.

Le procureur de la République rappelle que la prévenue a déjà été condamnée à huit mois de prison pour des faits similaires en 2021. « La famille reste le lieu de tous les dangers », souffle-t-il, déplorant un scénario qui se répète de semaine en semaine au tribunal correctionnel. « On a un leitmotiv, les mêmes victimes, les mêmes violences », ajoute-t-il. Il requiert la révocation d’un sursis lié à une affaire précédente, ainsi qu’une nouvelle peine de 12 mois de prison, dont 6 ferme.

En défense, Me Fromaigeat plaide la prise de conscience. Sans nier des blessures « impressionnantes », il assure que sa cliente est prête à « prendre le taureau par les cornes » pour soigner son addiction à l’alcool, via un suivi à la Croix Bleue. Il rappelle qu’elle est l’unique pilier financier de la maison, faisant vivre tout le monde avec 40 000 francs par semaine.

Le tribunal a finalement condamné Moea à 12 mois de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire. Une peine à laquelle s’ajoute la révocation d’une précédente peine de 4 mois de prison. Le tribunal a par ailleurs décidé de ne pas la maintenir en détention, la peine étant aménageable.

*Les prénoms ont été modifiés

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