Comme bien souvent dans ce type de dossier, c’est un signalement du collège des enfants qui a alerté les autorités en novembre dernier. L’un des garçons présentait une plaie au doigt non soignée.
Dans la matinée, sa mère lui a jeté une boite de conserve ouverte ce qui l’a blessé, a-t-il confié à l’infirmière de l’établissement. L’enfant a ensuite raconté que lui et son frère subissaient des violences régulières depuis l’école primaire. Des coups de balais et de poings, mais aussi à l’aide d’un câble d’un chargeur de téléphone.
“Papa est un petit peu méchant”, a témoigné le gamin devant les enquêteurs. “Et ta mère ?”, lui a demandé celui-ci : “C’est le Diable à la maison (…) Parfois, je ne fais rien et elle me tape”, a rétorqué le petit.
Car outre les coups, celle-ci menaçait de les “chasser de la maison”, mais aussi de mettre fin à ses jours à cause de leurs comportements. “Vous lui avez dit : ‘J’ai tellement mal à la tête que j’ai envie d’aller me pendre. C’est terrible pour un enfant d’entendre ça”, a relevé le président du tribunal.
Les psychiatres ont d’ailleurs décélé des troubles anxieux chez les deux enfants et des tempéraments “tristes”.
“Je les tape pour une raison : c’est moi qui fais tout à la maison (…) L’ainé est tellement dur. Il est toujours là à crier. Ça nous fait honte. Mais j’aime mes enfants”, a expliqué cette frêle femme sans emploi de 37 ans.
Dans ses réquisitions, la procureure a fustigé la trentenaire pour sa “perversité” et sa “méchanceté”. “Elle culpabilise même son gamin en lui disant que si elle va en prison, c’est de sa faute. Et le chantage au suicide, c’est assez ignoble. Ce sont deux enfants qui veulent partir de chez leurs parents, c’est quand même extraordinaire”, a-t-elle martelé en demandant le retrait de l’autorité parentale du couple en plus d’une peine de prison avec sursis.
“Ils ont été dépassés par la situation, mais ce ne sont pas de mauvais parents”, a plaidé leur avocate, “ils pensaient qu’une éducation à l’ancienne allait redresser les choses”.
La mère a été condamnée à 2 ans avec sursis et le père à une année avec sursis. Ils devront également suivre des soins pour leur forte consommation d’alcool.
La garde de leurs garçons ne leur a finalement pas été retirée, mais ils ont interdiction d’entrer en contact avec eux jusqu’à nouvel ordre.
“Cette interdiction pourra être levée quand il y aura un cadre bien établi pour les enfants”, leur a expliqué le président du tribunal.
Les deux garçons ont été placés chez des membres de la famille. Une expertise psychiatrique des enfants a également été ordonnée, notamment pour évaluer d’éventuels dommages et intérêts qui leur seront versés.



