Sursis pour les marumaru centenaires de la rue des Poilus tahitiens

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Après une matinée animée à l'ombre des marumaru de la rue des Poilus Tahitiens, la mairie de Papeete a sensiblement changé ses plans. Accueillis par des riverains et des membres de l'association Mama natura, les élagueurs n'ont finalement pas abattu les cinq arbres, simplement élagués.

Il est 8h, ce dimanche matin. Plusieurs personnes sont réunies rue des poilus tahitiens. Parmi elles, des habitants du quartier de Paofai… et quelques membres de l’association Mama Natura. Deux d’entre eux, accompagnés par une troisième militante, décident de s’attacher symboliquement à un marumaru.

Leur inquiétude : que ces centenaires soient abattus par la mairie de Papeete. Car la décision est prise depuis quelques temps : 5 de ces arbres doivent être abattus, et un 6e élagué.

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Si une expertise réalisée par l’office national des forêts (ONF) indique que ces arbres sont physiologiquement satisfaisants et structurellement conservables, la municipalité refuse de prendre le moindre risque, après le décès d’un homme à Paofai suite à la chute d’un arbre, fin juillet 2024. “L’arbre qui est tombé, qui a tué une personne, c’était un arbre qui n’était pas dans la catégorie abattre immédiatement. C’était dans la catégorie où il fallait essayer de le conserver. Mais il est tombé quand même. Il a tué une personne” , rappelle le directeur des services techniques de la mairie André Chang.

Ces marumaru, régulateurs thermiques et en partie âme de la ville, font partie de son patrimoine. Pour Mama Natura, la décision, trop radicale, constitute une perte écologique majeure. “Non à ce projet de vouloir tout couper. Couper comme ça, de manière hative, sans concertation. Je dis non, je ne suis pas d’accord, lance Vanaa, membre de l’association Mama Natura, attaché au tronc. Dans 50 ans, qu’est-ce qu’on va laisser à nos enfants ? Des blocs de béton ? (…). Qu’est-ce qu’on va léguer à nos enfants ? C’est ça la question. Quand ils vont se lever, ils vont dire « Et vous, vous avez fait quoi quand ils ont tout bétonné ? » « Vous aviez fait quoi ? » « Où étiez-vous ? » Nous, on va dire non. Nous, on a essayé. On s’est levé pour dire non.

Mareva fait partie de ces familles qui ont grandi avec ces géants. « Je remercie les associations d’alerter les citoyens parce qu’avec nos vies de citadins, on n’était même pas au courant qu’on allait abattre l’arbre qui a donné de l’ombre, qui donne de l’oxygène, qui protège, donne de l’intimité à notre famille (…). Tailler, oui, mais abattre, non. Il faut nous expliquer pourquoi est-ce que ça serait vraiment nécessaire – de les abattre -, tout faire pour l’éviter et si vraiment c’est la seule solution, de replanter » , déclare-t-elle.

Au bout d’une heure, au terme d’échanges parfois animés, les services de la mairie et les opposants à l’abattage des arbres trouvent un terrain d’entente. Aucun arbre ne sera supprimé…pour le moment. Ce dimanche, les arbres ont seulement été élagués. Leur surveillance demeurera appuyée dans les prochains jours.

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