Vente de biens saisis aux trafiquants : « Maintenant, on confisque à tour de bras »

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Après les ventes de jets-ski, véhicules et bijoux de luxe issus du trafic de drogues, la Direction des finances publique en Polynésie a organisé, ce mercredi, une visite de deux lots immobiliers situés à Paea. Des biens exceptionnels qui témoignent de la puissance financière des réseaux de narcotrafiquants.

En 2025, les biens saisis aux narcotrafiquants en Polynésie et vendus aux enchères par l’Etat ont rapporté 300 millions de francs aux finances publiques. Un record.

2026 s’annonce tout aussi florissante puisqu’un 2 deux lots immobiliers sont mis à la vente. Un snack et des logements quasi neufs devraient trouver rapidement preneur.

« C’est un lot très exceptionnel. On est amené à vendre des biens immobiliers, mais la plupart du temps, quand on les vend, ce sont des biens immobiliers appartenant à l’État. C’est quelque chose qu’on n’a pas vu, en tout cas au cours des 15 dernières années en Polynésie française. Même au niveau national, c’est assez exceptionnel qu’on soit amené à mettre en vente ce type de biens », explique Franck Blettery, le directeur général des Finances publiques en Polynésie.

Si ces ventes aux enchères sont habituellement organisées en présentiel et sur une journée, un appel d’offres a été lancé pour ces lots.

« Pour être totalement transparent, on préfère traditionnellement les ventes aux enchères, parce que la notion d’enchère amène la surenchère. L’appel d’offres : on estime un bien, on fait l’offre. Nous, on a un prix en deçà duquel on ne le vendra pas. Ce sera le mieux-disant, selon la formule consacrée, celui qui aura fait l’offre la plus intéressante, dès lors qu’il respectera les conditions qui sont prévues au niveau de l’appel d’offres, qui emportera le marché », ajoute Franck Blettery.

Ces biens de valeur sont aussi la preuve que les narcotrafiquants polynésiens sont à la tête de patrimoines conséquents à l’image des trafiquants internationaux.

« Dans l’Hexagone, on voit des délinquants qui achètent des villas à Marbella en Espagne. On sait qu’ils ont tous plus ou moins des voitures de luxe, des biens, etc. Donc, on s’adapte. Maintenant, on a compris, et spécialement depuis que l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués existe, depuis à peine 15 ans… maintenant, on est dans une force de frappe extrêmement forte, on s’adapte et on confisque, si je puis dire, à tour de bras », constate le procureur général, Frédéric Benet-Chambellan.

Une nouvelle visite est prévue le 6 février prochain. Le ou les futurs acquéreurs devraient être désignés fin mars.

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