L’enquête avait été ouverte en 2023. Quelques mois plus tard, en mars 2024, deux personnes avaient été placées en garde à vue. 684 clients de cette décharge illicite et polluante avaient alors été identifiés. Il s’agissait, pour l’essentiel d’entreprises du BTP.
L’enquête a permis d’évaluer à 101 413 mètres cube la quantité de déchets enfouis de toutes catégories (soit l’équivalent de 40,5 piscines olympiques). 124 véhicules hors d’usage avaient également été enfouis sans mesure de protection. Pour l’exploitation de ce centre illégal, la justice a évalué à 260 millions de Fcfp le bénéfice.


« Une seconde phase d’enquête a permis d’identifier les six entreprises clientes les plus impliquées, susceptibles d’avoir utilisé, en connaissance de cause, cette filière de traitement illicite, et de chiffrer de façon précise le bénéfice tiré de son utilisation au détriment des filières autorisées plus onéreuses », indique le communiqué.
Les huit personnes placées en garde à vue la semaine dernière sont les « deux exploitants des deux sites litigieux et les six représentants légaux des entreprises du BTP les plus impliquées ».
Dans le même temps, le parquet de Papeete a ordonné la saisie sur les comptes bancaires de
l’ensemble des mis en cause d’une somme globale de 196 907 000 millions de Fcfp outre des contrats d’assurance souscrits à titre personnel, pour garantir les éventuelles confiscations à venir. Ces saisies pénales ont toutes été maintenues sur décision du juge des libertés et de la détention.
À l’issue de leur garde à vue, les deux exploitants des sites illicites ont été déférés et présentés devant un juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Papeete.
Mis en examen, l’un d’entre eux a été placé sous contrôle judiciaire et le second, Stellio Sage, propriétaire de l’entreprise Tahaa 2, a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet. Ce dernier a déjà été condamné par la justice pour des faits similaires, souligne la procureure. Les six autres gardes à vue ont été levées après avoir fait l’objet d’une prolongation.
Le juge d’instruction est également saisi des chefs d’infractions tant environnementales que financières mettant nommément en cause ces six entreprises.



