Va’a : une nouvelle vague d’entraîneurs formés au fenua

Publié le

Après plus d’une décennie sans formation diplômante, la Polynésie française renoue avec la professionnalisation du va’a. En février, onze nouveaux éducateurs sportifs recevront un brevet inédit, leur ouvrant les portes de l’encadrement officiel et rémunéré.

Ils sont onze, sur douze stagiaires engagés, à avoir franchi avec succès la dernière étape. Après plusieurs mois de formation intensive, entre mer et salles de cours, cette première promotion du brevet professionnel polynésien d’éducateur sportif, mention va’a, s’apprête à entrer officiellement dans la vie professionnelle.

Un diplôme inédit, conçu localement pour répondre aux réalités du fenua. Objectif : doter les clubs, écoles et associations d’éducateurs qualifiés, capables d’encadrer tous les publics –des enfants aux vétérans, du sport santé à la compétition de haut niveau– et d’exercer leur activité dans un cadre reconnu et rémunéré.

« Les stagiaires ont suivi ce qu’on appelle le tronc commun : pédagogie, accompagnement des sportifs, organisation de projets, mais aussi un volet spécifique au va’a », explique Gordon Barff, en charge de la formation technique. « L’idée est de professionnaliser l’encadrement tout en respectant les spécificités de la discipline. »

La formation, organisée par l’Institut de la jeunesse et des sports de la Polynésie française (IJSPF), s’est déroulée du 2 juin au 24 octobre 2025, avant des épreuves finales et des rattrapages en décembre. « Sur les douze stagiaires, onze ont validé le diplôme. La remise officielle est prévue début février », précise Raihau Sienne, chargé d’ingénierie de formation professionnelle.

Parmi les candidats : des éducateurs bénévoles, des passionnés de va’a, mais aussi des rameurs de haut niveau. Tous ont suivi un programme exigeant, mêlant sécurité, anatomie, physiologie, méthodologie d’entraînement et pédagogie.
« J’attendais surtout d’avoir des bases solides, notamment en physiologie et dans la construction de plans d’entraînement structurés », confie Teroro Tetuaapua, l’un des stagiaires. « C’est indispensable quand on encadre des jeunes comme des adultes. »

Cette promotion se distingue aussi par sa parité : six femmes et six hommes. Une avancée saluée par Chantal Bigot, ancienne championne et elle-même stagiaire. « Il y a un vrai manque d’entraîneures dans les clubs. Voir autant de femmes dans cette formation, c’est très encourageant pour l’avenir du va’a. »

La précédente session de formation remontait à 2011, à titre expérimental. Si elle avait permis la création officielle du diplôme en 2015, il aura fallu près de dix ans pour que le dispositif soit relancé. Un retard désormais comblé.

Avec ces nouveaux éducateurs diplômés, le va’a polynésien espère franchir une nouvelle étape : structurer davantage l’enseignement, attirer de nouveaux pratiquants et préparer la relève, sur l’eau comme sur les bancs de formation.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son