Chaque année, entre 30 et 40 décès par suicide sont recensés en Polynésie française selon SOS Suicidce. Un chiffre préoccupant, d’autant que les tentatives sont en hausse, notamment chez les jeunes. Face à ce constat, l’association multiplie les actions de prévention et lance, le 5 février, le « Mahana Day ».
Organisée au lycée hôtelier de Tahiti, cette journée vise à recréer du lien social et familial, tout en ouvrant un espace de dialogue autour du mal-être des adolescents. Des délégués issus de différents collèges et lycées y participeront. « Il y aura des délégués par établissement. On a eu l’agrément de la DGEE. Ils seront des ambassadeurs des collèges et lycées et seront sensibilisés sur comment reconnaitre la personne qui vit un mal-être, et comment la prendre en charge » explique Annie Tuheiva-Mairau, présidente de SOS suicide.
Pour amorcer les échanges, un court métrage de prévention sera diffusé. Élèves et parents pourront ensuite dialoguer librement avec des associations et des professionnels de santé mobilisés pour l’occasion. L’objectif est clair : briser le silence et encourager la parole.
« Le mal-être d’un jeune peut venir d’addictions, de maltraitances, de violences, d’harcèlement… ou encore sous l’effet des réseaux sociaux. Aujourd’hui, on veut pousser le jeune à partager son mal-être et qu’il y ait en face une écoute » souligne Nicole Sanquer, députée de la Polynésie française.
Inspiré d’un modèle australien et d’une question simple – “Est-ce que ça va aujourd’hui ?” – le Mahana Day place la santé mentale des jeunes au cœur des enjeux de société. Les organisateurs souhaitent reconduire l’événement chaque 5 du mois, jusqu’au 10 septembre, date de la Journée internationale de prévention du suicide. Une manière d’inscrire durablement la prévention dans le quotidien des jeunes.



