Est-ce qu’il t’a déjà donné des coups de poing ou des coups de pied, des gifles ? Est-ce qu’il t’a déjà étranglé ? Est-ce qu’il t’a déjà tiré les cheveux ? Ces questions, posées aux victimes de violences intra-familiale, sont récurrentes dans le cabinet de l’Unité médico-judiciaire (UMJ) du Centre hospitalier de la Polynésie française.
Créée en 2022, elle prend en charge, 24 heures sur 24, les victimes – mais aussi parfois les auteurs – de violences. Les actes sont réalisés à la demande des forces de l’ordre et des autorités judiciaires. « C’est un service médical qui collabore avec la justice. On va assurer tous les examens médico-légaux des victimes mineures ou majeures, et sur demande de la justice. On va effectuer des constatations médico-légales qui vont rentrer dans le cadre d’enquêtes pénales » , explique Van Hoang-Oppermann, responsable de l’UMJ.
Chaque année, près de 500 femmes témoignent devant le tribunal correctionnel de Papeete des violences conjugales qu’elles subissent.
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« Dans les violences conjugales, on sait à quel point l’emprise peut être énorme. Souvent, ces femmes ne vont pas oser parler, soit par peur, soit parce qu’à force de dénigrement, elles ne sont plus elles-mêmes. Je pense que certaines ne se rendent pas compte de la gravité de ce qui leur arrive, et qu’elles ont le droit de demander à ce que ça s’arrête », observe Fanny Boulch, infirmière au sein de l’Unité.
Elles sont deux infirmières dans l’équipe, en plus de deux médecins et d’une secrétaire bilingue. Chaque jour, une dizaine de patients sont entendus et auscultés afin que les éléments médicaux puissent être transmis à la justice.

Pour renforcer la confiance des victimes, notamment lors des interventions nocturnes, le chef de service plaide pour une présence féminine accrue. « En tant que médecin, on peut le faire, mais on n’aura jamais l’approche d’une femme pour commencer à la mettre en confiance. C’est cette confiance-là qui nous permettra de réaliser un examen dans de bonnes conditions, souligne Van Hoang-Oppermann. Quand on prend en charge une victime à 2h ou 3h du matin, et qu’on est tout seul comme médecin, on est obligé de faire appel aux personnes des urgences, et qui ont d’autres missions » , ajoute-t-il.
En 2025, l’Unité médico-judiciaire de l’hôpital du Taaone a fait l’objet de 2 800 réquisitions judiciaires concernant des victimes ou auteurs d’infractions pénales. Vingt pour cent des personnes prises en charge étaient des mineurs.



