Les 27 conseillers municipaux de Uturoa étaient réunis pour un conseil exceptionnel lundi. Après les débats, la question est posée : êtes-vous pour ou contre la destitution du troisième adjoint au maire ?
Résultat du vote à main levée : 19 voix favorables, contre 8 contre. La destitution est donc adoptée à la majorité. « J’ai toujours été fidèle à la majorité, notamment sur le vote du budget qui est le plus important dans une commune, assure Christian Huioutu. Chaque année, j’ai voté le budget jusqu’au dernier. C’est le plus grand acte de confiance dans une majorité. Je n’ai jamais failli. On peut me reprocher par contre de donner mes opinions pendant le conseil municipal. Je suis comme ça et je ne peux pas changer. »
« Plusieurs de mes élus ont demandé de retirer ses délégations, chose que je n’ai pas fait auparavant. Aujourd’hui, j’ai tranché parce qu’il a dépassé les bornes, déclare le maire Matahi Brotherson. Je ne peux plus avoir confiance, c’est tout. Plusieurs fois à l’époque, ils ont failli nous renverser. Mais je n’en ai pas tenu compte. »
Dans la foulée, le conseil municipal procède à l’élection du nouveau troisième adjoint, par bulletin secret. Deux candidats se présentent, dont l’élu sortant. « Je n’ai rien à me reprocher, affirme-t-il. J’ai toujours travaillé pour le bien de la commune. »
Mais le verdict, le résultat diffère légèrement du premier vote, reste sans appel : Camille Mou Kam Tse est élu avec 17 voix contre 10, une majorité confortable.
Un conseil municipal sous tension, mais aux conséquences limitées. Dans quelques semaines, toutes les cartes seront rebattues à l’occasion des élections municipales.



