“C’était censé être le jour d’une vie” : René Temeharo condamné à 50 000 francs d’amende pour dégradations

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L’ex-ministre et candidat aux élections municipales à Papeete, René Temeharo a comparu, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Papeete pour dégradations et harcèlement envers son ex-compagne qui l’a quitté quelques semaines avant leur mariage. L’élu a été reconnu coupable du premier chef et a été condamné à une amende de 50 000 francs. “C’était censé être le jour d’une vie, mais cette journée, je l’ai mal vécue. J’avais l’impression que ma tête allait exploser”, a-t-il expliqué.

Cette période a été très difficile”. René Temeharo n’a eu d’autre choix que dévoiler des pans intimes de sa vie privée, ce mardi, devant les juges et le public du tribunal. L’adjoint au maire de Papeete, en lice pour les Municipales, était jugé pour dégradations et harcèlement sur son ex-compagne et mère de ses deux filles.

Une femme qu’il devait épouser en février de l’année dernière, mais qui l’a quitté un mois avant la noce pour l’un de ses collègues de travail. Elle avait déposé plainte à la même période après avoir constaté que des “trackers” avaient été dissimulés à l’intérieur de son véhicule à plusieurs reprises.

Je l’ai découvert sous le cuir du siège, bien caché”, a-t-elle témoigné devant les enquêteurs en évoquant aussi des propos injurieux qu’aurait tenus à son encontre René Temeharo. 

À la barre, l’élu a assuré qu’il ne cherchait pas à espionner la jeune femme : “J’ai fait ça, car il est arrivé plusieurs fois qu’elle ne trouve plus où elle avait garé sa voiture. Je n’ai pas vu le mal à ce moment-là”.

Autre grief retenu : le fait d’avoir débarqué chez le nouveau compagnon de la jeune femme avec laquelle celui-ci se trouvait, le soir même de la date retenue pour le mariage. L’édile s’est emporté et a cassé une table en plastique, ainsi que les verres et la bouteille de vin qui s’y trouvaient. S’en est suivie une brève empoignade entre les deux hommes, mais sans violence selon les témoins de la scène.

À cette période, je ne me reconnaissais plus. Je n’ai jamais été marié. Pourtant, je célèbre des mariages depuis 31 ans (…) C’était censé être le jour d’une vie, mais cette journée, je l’ai mal vécue. J’avais l’impression que ma tête allait exploser”, a raconté l’édile.  

Puis d’ajouter : “Le problème, c’est le mensonge. C’est quelque chose dont j’ai horreur. Mais j’ai toujours été respectueux des femmes. Je ne suis pas quelqu’un de violent”.

Il a tout accepté pour cette femme et on lui a menti (…) Elle a le droit, mais lui ne l’a pas bien pris. Tout s’est écroulé. C’est un être humain”, a enchainé son avocate Me Béatrice Eyrignoux en demandant la relaxe du chef de harcèlement, celui-ci n’étant pas caractérisé à ses yeux.

La procureure a elle-même émis des doutes sur cette question. “Je ne sais pas si on peut considérer que ces faits sont répétés. Le harcèlement consiste souvent à des appels téléphoniques pendant des mois. J’ai vu des faits plus caractérisés”, a déclaré la magistrate. Elle a donc laissé au tribunal le soin de trancher la question.

Pour ce qui est des dégradations, une “démarche inappropriée”, elle a requis une amende de 50 000 francs. Ce à quoi le tribunal a condamné l’élu, ainsi qu’à verser 30 000 francs de dommages et intérêts au compagnon de son ex-conjointe pour les dommages causés. Il l’a, en revanche, relaxé du chef de harcèlement.

Aux dires des deux parties, la situation s’est depuis apaisée. “Aujourd’hui, j’ai tourné la page et on s’entend bien”, a assuré René Temeharo.  

Ça n’efface pas les faits qui ont été commis, mais elle ne souhaite pas de mal au père de ses enfants”, a également expliqué Me Loris Peytavit, l’avocat de la jeune femme qui n’était pas présente au procès.

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