Loi tabac : ce qui va changer dès le mois prochain

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Un Polynésien sur trois fume et les jeunes sont de plus en plus exposés aux vapotes. Face à ce constat alarmant, le Pays s’apprête à durcir fortement la réglementation. La nouvelle loi tabac votée en août 2025 va être appliquée le mois prochain, avec son objectif de réduire l’accès aux produits, en particulier chez les 15-25 ans, et à faire baisser durablement la consommation.

Le tabac fait partie du quotidien de près d’un tiers des adultes polynésiens. Chez les plus jeunes, le phénomène est encore plus préoccupant : deux tiers des adolescents fument la vapote ou l’ont déjà expérimentée. Des pratiques qui ne sont pas sans conséquences. Chaque année, la prise en charge des maladies liées à la consommation de cigarettes et de puffs coûte près de 40 milliards de Fcfp à la Caisse de prévoyance sociale.

Pour tenter d’enrayer cette dynamique, le Pays s’apprête à mettre en œuvre une nouvelle loi tabac, qui va profondément modifier les habitudes de consommation. En première ligne : les 15-25 ans, particulièrement attirés par les cigarettes électroniques et les vapotes.

 

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« Pour réglementer l’activité à la fois du tabac de manière beaucoup plus dure, c’est la loi tabac 2 qui va permettre des agréments sur les lieux de vente, qui va permettre des interdictions de publicité beaucoup plus fortes, des interdictions sur le paquet pour avoir un paquet neutre et d’affichage même en magasin, détaille le ministre de la Santé, Cédric Mercadal. On aura les mêmes règles qui s’appliqueront à la vapote. Moins de 18 ans, il n’y avait pas de réglementation. On va interdire la publicité, on va réglementer les lieux de vente là aussi. Et on va préserver les écoles, on va préserver les lieux publics » , ajoute-t-il.

Les mineurs, une cible prioritaire, tant l’exposition à la nicotine commence tôt, rappelle Romain Bourdoncle, directeur du centre de prévention et de soin des addictions. « Dès 12 ans, ça fume des cigarettes électroniques avec des fortes concentrations de nicotine, 5%. C’est quand même 50 mg par millilitre. Sur la semaine, parfois ça fait 500 mg, l’équivalent de 500 cigarettes en nicotine, c’est énorme. On reçoit au CPSA, 30% de notre patientèle, de notre fil actif, des jeunes de moins de 20 ans. L’idée, ça va être de réduire drastiquement le nombre de jeunes consommateurs qui n’ont plus accès aux produits, qui ne le voient pas et qui n’y pensent plus », avance-t-il.

La loi ne concerne pas uniquement les jeunes. Pour les adultes aussi, plusieurs mesures dissuasives sont prévues, comme l’interdiction de la vente de tabac dans les bars et restaurants, ou encore la fin de toute forme de publicité. Le Pays prévoit également le remboursement des patchs et substituts nicotiniques, afin d’accompagner les fumeurs vers le sevrage.

« On a réglementé les lieux de vente. Il faudra un agrément de la race qui nous dira, vous pouvez vendre à tel endroit, tel endroit ou tel endroit avec la DGAE qui feront le contrôle de ces lieux de vente. Deuxième chose, on ne pourra plus fumer sur les terrasses et dans les lieux publics ou dans les restaurants », précise Cédric Mercadal.

Si l’interdiction totale d’importation et de vente des vapotes a été retoquée par le Conseil d’État, l’essentiel du texte a été validé. La loi tabac entrera en vigueur d’ici quelques semaines. Certaines mesures, comme la mise en place du paquet neutre, seront déployées progressivement, à l’horizon 2029. Des mesures transitoires sont également prévues pour permettre aux importateurs d’écouler leurs stocks.

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