TNTV : Est-ce que le surf est aujourd’hui un modèle pour montrer que le sport polynésien peut briller au plus haut niveau international ?
Kainuu Temauri : « Bien sûr. C’est une discipline qui était sous les feux des projecteurs en 2024 avec les Jeux olympiques. La Fédération a su briller sur des projets structurants. On vient de le voir, énormément de projets et de défis » .
TNTV : Un mot sur les Jeux du Pacifique 2027. Sera-t-on dans les temps pour les infrastructures ?
Kainuu Temauri : « Oui, nous serons dans les temps pour les infrastructures. On suit le calendrier. Mais au-delà des infrastructures, on a beaucoup d’autres enjeux. L’organisation à proprement parler, des Jeux du Pacifique est confiée au comité organisateur. J’ai eu l’occasion de faire le point avec eux (hier) après-midi. Donc, on avance également sur ces problématiques-là. Je rappelle qu’il y a à peu près 12 000 personnes à loger, transporter, nourrir. Ce sont des enjeux globaux (…). On doit gagner les Jeux du Pacifique. On a tout un accompagnement qui est proposé à nos athlètes et à nos fédérations. On est confiants (…). »
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TNTV : Les nouvelles délégations de services publics, les DSP, devaient entrer en vigueur le 1er janvier. Nous sommes le 15 janvier et tout est décalé au 1er mars. Pourquoi un tel retard ?
Kainuu Temauri : « On avait voulu caler sur l’année civile. Techniquement, on n’est pas tout à fait en retard puisque le délai réglementaire qui est imparti est d’un an après l’adoption de la loi du Pays, qui a été promulguée en mars. Donc, on a jusqu’à mars pour pouvoir déléguer les DSP. En fait, ce sont surtout les fédérations qui nous ont demandé du temps supplémentaire pour pouvoir se préparer, pour pouvoir rendre des dossiers dans les temps. »
TNTV : Cela bloque-t-il les subventions, l’organisation des championnats, des fédérations pour cette année ?
Kainuu Temauri : « Non, pas tout à fait. On a un système qui est mis en place avec des aides de l’Assemblée qui ont l’habitude de tomber aux alentours de février-mars. Donc, on va rester dans le calendrier. Je peux vous confirmer en tout cas que l’attribution des DSP sera sur la table du Conseil des ministres pour la première semaine de février. »
TNTV : L’ancienne ministre des Sports Nahema Temarii a annoncé que les nouvelles DSP seraient accordées pour 8 ans afin de donner de la visibilité au club jusqu’aux Jeux du Pacifique 2031. Aujourd’hui, on parle de contrats de 5 ans et demi. Pourquoi avoir réduit cette durée ?
Kainuu Temauri : « Dans la réglementation, il est écrit d’un maximum de 8 ans. Là, on veut simplement pouvoir calibrer la durée sur une durée de 4 ans qui correspond à une durée d’une Olympiade callée sur les Jeux du Pacifique. Donc, là, on va aller jusqu’aux Jeux du Pacifique qui sont concernés. »
TNTV : L’un des buts de cette réforme était de mettre fin aux guerres de clans dans certaines disciplines. Vous allez devoir choisir une seule fédération de sport. Sur quels critères allez-vous trancher pour éviter que les recalés ne bloquent la situation devant la justice ?
Kainuu Temauri : « Tous les critères ont été fixés par la réglementation. Donc, on va s’attacher à regarder la structuration de la fédération, le nombre de licenciés, le nombre de clubs affiliés. Il y a toute une série qui est liée au projet fédéral. On va analyser la capacité de la fédération à répondre à certaines licences de services publics, développement du sport pour tous, formation, etc. C’est déjà des obligations et des projets sur lesquels les fédérations avaient l’habitude de travailler. Simplement, on est venu l’inscrire dans la réglementation. »
TNTV : Votre ministère, au temps de Nahema Temarii, avait lancé un sondage anonyme en 2024 pour mieux comprendre la consommation d’ice. Aujourd’hui, où en est cette enquête ?
Kainuu Temauri : « L’enquête avait abouti. On s’en sert aussi pour pouvoir piloter nos politiques publiques. On a un délégué interministériel qui s’est approprié l’ensemble de ces problématiques, qui coordonne l’action du gouvernement à tous les niveaux. Moi, je m’occupe plus particulièrement du volet de la jeunesse. On a eu, dans le cadre de cette étude, un âge moyen qui tournait autour de 30-35 ans. Ce n’est pas tout à fait le public jeune qui est stigmatisé. Cela touche toutes les classes sociales. On s’appuie sur ces données-là. »
TNTV : Est-ce que les réponses des Polynésiens à ce sondage ont directement modifié votre politique de lutte contre l’ice ?
Kainuu Temauri : « Notre politique de lutte contre l’ice est en phase avec tous les constats qui ont été faits. Moi, en ce qui concerne la jeunesse, je m’attache à pouvoir proposer une alternative positive. Ce n’est pas juste de combattre l’ice de front en disant que ce n’est pas bien. J’essaie d’utiliser l’ensemble de mes portefeuilles, sport, jeunesse, artisanat. Je viens de nommer également une nouvelle cheffe de service à la délégation de la prévention de la délinquance juvénile pour apporter cette touche culturelle puisqu’elle évolue dans le monde de la culture. C’est important pour nous d’apporter ces notions-là pour qu’on puisse réapproprier tous ces aspects-là pour éviter que les gens se renferment sur eux-mêmes et se tournent vers les addictions. »
TNTV : On parle beaucoup de l’ouverture du pôle santé mentale en 2026, annoncé par le gouvernement en novembre 2025, pour la prise en charge des troubles psychiques et des addictions. Est-ce que les résultats de l’enquête vous ont convaincu qu’il fallait mettre plus d’argent dans les soins et la désintoxication que dans la seule prévention ?
Kainuu Temauri : « Ça fait partie de notre politique globale. Je ne pourrai pas forcément tout vous livrer ce soir sur ce sujet (…), mais oui, ça devient nécessaire. C’est une priorité. »



