Trafic de cocaïne depuis Tatutu : Yannick Mai et son fils condamnés

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Déjà lourdement condamné pour trafic de stupéfiants, Yannick Mai, 59 ans, a de nouveau été condamné. Jugé ce jeudi aux côtés de son fils Temarii pour avoir tenté d’importer près d’un kilo de cocaïne depuis sa cellule de Tatutu, il écope de 10 ans de prison.

Nouvelle affaire de trafic de stups, nouveau procès pour Yannick Mai, 59 ans. Condamné en 2018 dans l’affaire Marlier – il avait passé 37 mois en détention aux États-Unis, où il avait été arrêté avec 3,7 kilos d’ice, puis continué de purger sa peine à Tatutu -, il comparaissait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Papeete aux côté de son fils Temarii pour avoir tenté d’importer près d’un kilo de cocaïne depuis sa cellule, entre fin octobre et début novembre 2025.

L’affaire débute par une découverte de la gendarmerie : dissimulée dans un poste à souder expédié par colis fedex depuis la Californie, la drogue est repérée par l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Les enquêteurs mettent en place une livraison surveillée après avoir substitué la marchandise par un colis vide. Ils suspectent Yannick Mai d’en être le commanditaire, et son fils Temarii le relais sur place, en lien avec des narcotrafiquants étrangers. Plusieurs tentatives de récupération du colis échouent d’abord : deux jeunes circulant en scooter se présentent une première fois, puis, le lendemain, une femme se heurte à un refus faute de pièces d’identité. Le 10 novembre, cette même femme se rend finalement chez fedex avec une procuration falsifiée par Temarii. Le colis est livré sur son lieu de travail, avant d’être récupéré par ce dernier à Fare Ute.

Une fois le poste à souder démonté, Temarii découvre qu’il est vide. Il est interpellé alors qu’il tente d’entrer en contact avec « El Fuego », surnom attribué à son contact.

À la barre, Yannick Mai nie en bloc. « Je n’ai rien commandé depuis Tatutu. Je n’ai pas les moyens d’appeler aux États-Unis », affirme-t-il. Il livre au tribunal un récit confus évoquant des « numéros fantômes » étrangers, glissés sous la porte de sa cellule par un.e inconnu.e qu’il surnomme « Monsieur Papier ». Il assure avoir appelé ces numéros « dans le doute » , lors d’une permission, sans savoir qu’ils étaient liés à des trafiquants. Lorsque le tribunal lui rappelle que, dans l’affaire Marlier, il était surnommé « le parrain », il rétorque : « C’était un parrain religieux, parce que j’allais à la messe tous les mois. »

Son fils Temarii, a été condamné à trois ans de prison en 2018 pour blanchiment et recel. Il dit avoir reçu des menaces émanant de l’un des « numéros fantômes », évoquant l’envoi d’hommes du cartel pour récupérer le colis. Ancien agent de voyage pendant vingt-deux ans, son père affirme qu’« on lui est tombé dessus » et qu’il n’a jamais trafiqué, sauf, dit-il, sous la contrainte de menaces.

Une ligne de défense que la procureure balaie fermement : « On a le gène du trafic de stupéfiants dans la famille Mai », lâche-t-elle. Elle décrit une mécanique bien rodée et fustige « le comble du vice » d’un père qui « entraîne son fils au fond de sa geôle ». Pour elle, les trafiquants doivent avoir « plus à perdre qu’à gagner » . Elle requiert cinq ans de prison pour Temarii, et douze ans pour Yannick.

En défense, maître Loris Peytavit, conseil du fils, plaide la naïveté et l’enchaînement de « mauvaises décisions », soulignant le rôle « très subsidiaire » de son client et demandant une peine significativement plus clémente. Maître Chloé Atlan, pour Yannick Mai, insiste sur une réputation « ancienne » précédant son client et qui, selon elle, pèse lourdement sur le dossier. Elle se dit « terrifiée » par la dureté des réquisitions, estimant que douze ans de prison reviendraient à « le condamner presque à mort ».

Le tribunal a finalement condamné Yannick Mai à 10 ans de prison femre, et son fils Temarii à 5 ans. Les deux hommes vont faire appel.

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