Nouveau week-end de fureur alcoolisée, du côté de la Presqu’île. Un jeune homme de 29 ans comparaissait ce lundi pour menaces de mort avec armes et violences sur sa compagne, avec laquelle il vit depuis dix ans. Les faits se sont déroulés les 10 et 11 janvier 2026, dans un contexte de tensions exacerbées par l’alcool.
Le 10 janvier, pour fêter le week-end et son retour du coté de la Presqu’île (il vit à Faa’a avec sa compagne), il s’offre une bouteille de Jack Daniels. L’alcool coule et la colère monte. Il est énervé, convaincu que quelqu’un a dénoncé son père, inquiété pour avoir cuisiné un chien. Le père, dur d’oreille, ne comprend pas bien la situation et pense que son fils cherche la confrontation. Les échanges s’enveniment. La famille tente de calmer le jeune homme, en vain.
Hors de contrôle, il s’empare d’un allume-feu. Les mots deviennent des menaces. Il s’empare d’un couteau, intime à ses proches de sortir, et lance : « Si ça continue, je vais piquer quelqu’un ». Puis encore : « Ici c’est chez moi ». Sa soirée se termine lorsque les gendarmes l’emmènent en cellule, alors qu’il a infligé des claques et un coup de pied dans le ventre de sa compagne.
Mais la nuit ne met pas fin à la violence. À sa sortie de dégrisement, le 11 janvier, s’il n’est plus ivre, la colère, elle, est intacte. Ses proches l’accueillent par une tentative de médiation maladroite : proposer de sortir les gants de boxe pour faire retomber la pression. Une initiative qui échoue. Denis refuse, se rend à l’arrière de la maison et revient avec deux grands couteaux. Il casse des objets, frappe les meubles, brandit les lames et menace à nouveau sa compagne, la belle-sœur et le beau-père.
Une scène violente qui en rappelle une autre, puisqu’il avait menacé sa compagne avec un harpon par le passé. Et selon elle, ces accès de violence sont directement liés à sa consommation excessive d’alcool, car il avait cessé de boire lorsqu’il avaient quitté Tautira pour s’installer avec elle. Mais le retour sur la Presqu’île, le temps d’un week-end, a marqué une rechute.
À l’audience, le procureur insiste sur ce point : l’alcool agit comme un « catalyseur » sur son tempérament violent. Il requiert une peine mixte, avec une partie ferme aménageable.
La défense, assurée par Me Fromaigeat, dresse le portrait d’un homme enfermé dans un environnement où l’alcool est omniprésent. « Sa situation avec l’alcool est particulière : sa maman boit, son papa boit (…) à Tautira, on boit », déplore-t-il, critiquant aussi la tentative familiale de désamorçage du conflit. Proposer les gants de boxe revenait, selon lui, à l’infantiliser. Une idée qui n’était pas « adéquate » , euphémise-t-il.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné l’homme à un an de prison, dont 6 mois avec un sursis probatoire pendant deux ans, assortis d’un mandat de dépôt. Il devra également se soumettre à plusieurs obligations : travailler, et suivre des soins pour son addiction à l’alcool.



